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Etape 7 : Kosice, Slovaquie

La deuxième ville de Slovaquie, 240 000 habitants, se trouve à l'opposé de Bratislava. Selon tous ceux avec qui nous avons discuté lors de notre étape slovaque, la géographie contribue à en faire une concurrente distante voir défiante de la capitale. Un peu comme Marseille en France, avec qui Kosice a décroché le label de co-capitale européenne de la culture en 2013. Les deux villes ont décidé de multiplier les initiatives communes, qu'il s'agisse de faire découvrir la culture méditerranéenne ou la complexité de cette région au cœur de l'Europe, lourde de ses multiples minorités maltraitées par les aléas de l'histoire. Kosice est une ancienne ville hongroise, prise et reprise par les différents empires constitués et défaits dans la région. Son centre ville est un enchantement et notre « friche du jour » se trouve à cinq minutes de là.

Caserne et chaufferies culturelles

2009_05_30 Kosice IMG_3316 Kosice compte de nombreuses friches industrielles dans sa banlieue. La municipalité a décidé de profiter de l'événement « Kosice 2013 » pour réhabiliter plusieurs anciens bâtiments administratifs, parmi lesquels la caserne militaire et les anciens chauffages collectifs que nous fait découvrir Christian Potiron. Ce Français qui vit en Slovaquie depuis sept ans a immédiatement envoyé un CV lorsque la ville a décroché le label de future capitale européenne de la culture. Ce trentenaire est un spécialiste de la réappropriation de l'espace public, profil plutôt atypique, intellectuel les mains dans le cambouis. « Si les touristes ne viennent que pour visiter le beau centre ville, c'est perdu d'avance ». La mission de Christian Potiron (que l'on prononce « potirone » en slovaque) se concentre donc sur ces lieux considérés comme des symboles de l'idéologie et de la mainmise de régimes communistes qui se sont succédés à Prague, à l'époque de la Tchécoslovaquie. Mission... délicate.

Au futur « PC » de Kosice 2013

2009_05_29 Kosice IMG_3088 Le soir de notre arrivée, nous nous dirigeons directement vers la caserne militaire pour une visite de nuit. La caserne va devenir le quartier général, le « PC » de l'organisation des festivités de Kosice 2013. Le gardien est un ancien policier. Malheureusement pour nous, il a mis sous scellés sa carrière d'avant 1989. Le micro ne l'effraie pas mais il ne nous dit rien ou presque... Il se contente de mimer un nœud de cravate bien serré pour signifier qu'avant régnait l'ordre, qu'à l'époque les choses étaient bien tenues...


Extrait sonore du premier entretien dans le camping-car avec Christian Potiron puis dans la caserne avec le gardien

Un petit bloc de béton au milieu des tours

2009_05_30 Kosice IMG_3379 Deuxième rendez-vous le lendemain matin avec notre « Monsieur french friche » de Kosice, dans le quartier de la mairie. Contrairement au vieux centre ville, ici tout est carré. Dans les tours avoisinantes, le système de chauffage a bien évolué et ne nécessite plus beaucoup de place dans les anciennes chauffageries municipales, que les animateurs de Kosice 2013 aimeraient bien voir transformées en mini MJC à la française.

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Extrait sonore du deuxième entretien avec Christian Potiron près d'une future MJC slovaque

Erreurs d'aiguillage à Kosice...

« J'étais pour la révolution mais je me suis trompé... »


2009_05_30 Kosice IMG_3243 Gare de Kosice. Un énorme cube d'architecture stalinienne. La Mairie prévoirait sa rénovation prochaine... Nous avons rendez-vous dans le hall de départ avec Julian, un cheminot proche de la retraite. Ce responsable de l'aiguillage est en partance pour le week-end, avec sa femme, en direction de son petit chalet de montagne dans le Haut Tatras slovaque, à une heure de là. Ce que nous dit le cheminot nous semble symptomatique d'une attitude assez largement répandue chez les Européens de l'Est : il n'a jamais été soviétophile, il a manifesté après la chute du mur, lors de ladite révolution de velours, mais il s'est depuis découvert une vocation de grand critique de l'individualisme capitaliste à la mode slovaque.


Extrait sonore de Julian le cheminot qui a soutenu la révolution de velours en Tchécoslovaquie... et qui s'en veut

Le vieux train qui doit l'emmener ne démarre pas. On change la micheline, puis un wagon, puis deux... un grand moment de flottement pour la SNCF slovaque : « j'ai demandé à mes collègues de vous montrer que ça ne marche pas mieux qu'il y a 20 ans ! », ironise-t-il. Le petit train démarre avec 25 minutes de retard.

« Le pays nous manquait »

Au début des années 90, les étudiants slovaques de Kosice n'avaient pas trop le choix s'ils voulaient faire des études supérieures et trouver un travail. Nombreux sont ceux qui ont dû aller voir ailleurs.
Une quinzaine d'années plus tard, les anciens étudiants reviennent en masse au pays. Nostalgie, fatigue d''être des travailleurs relativement pauvres à l'étranger, sans compter qu'aujourd'hui la Slovaquie est devenue le petit tigre économique d'Europe centrale. C'est l'expérience qu'a vécue ce jeune couple avec qui nous partageons un petit déjeuner dans la rue Hlavna, près de la cathédrale Saint Elizabeth, dans un vieux et magnifique quartier du centre ville. Matush, originaire de Bratislava, et Kamila, née à Kosice, se sont connus à Paris avant d'aller s'installer au Canada. La Slovaquie leur manquait vraiment trop. Leur employeur n'a pas encore été prévenu. « Pas de photos merci, on est là incognito pour chercher un appartement ! ».


Extrait sonore d'un retour au pays programmé, 15 ans après un premier exil pour des études